Fiançailles et Code de la Famille : Aspects Juridiques

Découvrez comment les fiançailles, souvent vues comme une simple tradition, sont en réalité une convention juridique importante dans le code de la famille, avec des conditions précises et des conséquences légales en cas de rupture.

1/5/20265 min read

man in white suit standing beside woman in white dress on rock during daytime
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Les fiançailles occupent une place particulière dans le code de la famille. Souvent perçues comme une simple tradition sociale ou culturelle, elles constituent en réalité une convention juridique encadrée par la loi, avec des conditions précises, des effets limités et des conséquences en cas de rupture.

Comprendre le régime juridique des fiançailles permet d’éviter de nombreuses confusions, notamment sur leur valeur légale, leurs obligations et leurs limites.

Dans cet article, nous analysons en détail les articles 101 à 107 du code de la famille, afin d’expliquer clairement ce que sont les fiançailles, comment elles se forment, quels sont leurs effets et ce que prévoit la loi en cas de rupture.

La définition des fiançailles selon le code de la famille

L’article 101 du code de la famille définit les fiançailles comme une convention solennelle par laquelle un homme et une femme se promettent mutuellement le mariage.
Il s’agit donc d’un
engagement moral et juridique, mais qui reste distinct du mariage lui-même.

Cette définition met en évidence deux éléments essentiels :

  • Les fiançailles reposent sur une promesse réciproque

  • Elles sont orientées vers un projet de mariage futur, sans en constituer l’aboutissement

Contrairement à une simple relation affective, les fiançailles sont reconnues par le droit, à condition de respecter les règles prévues par le code de la famille.


Le caractère non obligatoire des fiançailles

Selon l’article 102 du code de la famille, il est tout à fait possible de contracter mariage sans avoir célébré de fiançailles au préalable.
Les fiançailles ne constituent donc
ni une étape obligatoire, ni une condition de validité du mariage.

De plus, même lorsqu’elles existent, les fiançailles n’obligent pas les fiancés à se marier. Cette précision est fondamentale :
la promesse de mariage n’est pas assimilée à un contrat contraignant.

Le législateur protège ici la liberté matrimoniale, principe fondamental du code de la famille. Nul ne peut être forcé à se marier, même après des fiançailles officiellement reconnues.


Les conditions de fond des fiançailles

L’article 103 du code de la famille pose un principe clair :
les fiançailles ne peuvent être conclues que si les parties remplissent les
conditions de fond exigées pour le mariage.

Cela signifie notamment :

  • Le consentement libre et éclairé de chaque fiancé

  • L’absence de toute contrainte ou pression familiale

  • Le respect des empêchements légaux au mariage

Le texte précise que le consentement des mineurs doit être indépendant, ce qui renforce la protection de leur volonté personnelle.

Toutefois, le code de la famille prévoit une exception concernant l’âge minimum : celui-ci est inférieur d’un an à l’âge requis pour contracter mariage.
Les fiançailles peuvent donc intervenir plus tôt, mais toujours dans un cadre strictement encadré par la loi.


Les conditions de forme prévues par le code de la famille

L’article 104 encadre la forme des fiançailles, afin de leur donner un caractère solennel et vérifiable.

La convention doit être conclue :

  • En présence d’au moins deux témoins pour chaque fiancé

  • En présence d’un représentant de chaque famille

Cette exigence vise à garantir la transparence et à prévenir les contestations ultérieures.

Le code de la famille autorise également le don manuel, souvent appelé cadeau de fiançailles.
Ce don :

  • Est conforme aux usages

  • Est généralement offert à la fiancée

  • Ne doit pas dépasser une valeur maximale fixée par la loi

En cas de litige, la preuve des fiançailles repose principalement sur l’audition des témoins, ce qui montre l’importance du respect des conditions de forme.

Les effets juridiques des fiançailles

L’article 105 du code de la famille limite volontairement les effets des fiançailles.

Tout d’abord, leur durée ne peut excéder un an. Cette limitation empêche les engagements indéfinis et protège les parties contre une attente prolongée injustifiée.

Les fiancés peuvent :

  • Se rendre mutuellement visite selon les usages

  • Entretenir une relation respectueuse et réservée vis-à-vis des tiers

Ils sont tenus à une obligation de comportement, fondée sur la décence et le respect.
Tout manquement à ces obligations peut constituer un
motif légitime de rupture, apprécié souverainement par le juge.


L’absence d’obligation alimentaire entre fiancés

L’article 106 du code de la famille est très clair :
les fiançailles ne créent
aucune obligation alimentaire.

Ainsi, les fiancés ne sont pas tenus :

  • De subvenir aux besoins de l’autre

  • D’assurer l’entretien ou le secours

  • D’aider financièrement la famille de l’autre

Cette règle distingue nettement les fiançailles du mariage, qui, lui, crée des obligations matérielles réciproques.


La rupture des fiançailles dans le code de la famille

L’article 107 consacre un principe fondamental :
chacun des fiancés peut rompre unilatéralement les fiançailles.

Cette liberté est absolue, mais son exercice peut entraîner certaines conséquences juridiques.

Cas particulier du fiancé mineur

Lorsque l’un des fiancés est mineur :

  • La rupture doit émaner de lui seul

  • Elle doit être exprimée en présence des témoins et des représentants des deux familles

Sort des cadeaux de fiançailles

Le code de la famille distingue selon la responsabilité de la rupture :

  • Si la rupture est imputable à la fiancée sans motif légitime, elle doit restituer le cadeau reçu

  • Si elle est imputable au fiancé, il ne peut réclamer le cadeau offert

Responsabilité civile

Tout préjudice né de la rupture peut donner lieu à une réparation, conformément aux règles générales de la responsabilité civile.
Les personnes ayant provoqué fautivement la rupture peuvent être tenues
solidairement responsables.

En revanche, les dépenses liées aux fiançailles ne peuvent jamais être remboursées.


Conclusion

Les fiançailles, telles qu’encadrées par le code de la famille, constituent un engagement sérieux mais juridiquement limité.
Elles reposent sur la liberté, le consentement et le respect des usages, sans jamais contraindre au mariage ni créer d’obligations matérielles.

La clarté des articles 101 à 107 permet de préserver l’équilibre entre traditions sociales et protection juridique des individus.
Comprendre ces règles est essentiel pour éviter les abus, les pressions et les litiges liés à une institution souvent mal comprise.


FAQ – Fiançailles et code de la famille

1. Les fiançailles sont-elles obligatoires avant le mariage ?
Non, le code de la famille autorise le mariage sans fiançailles préalables.

2. Les fiançailles obligent-elles à se marier ?
Non, elles n’imposent aucune obligation de contracter mariage.

3. Quelle est la durée maximale des fiançailles ?
La durée ne peut excéder un an selon le code de la famille.

4. Les fiancés ont-ils des obligations financières ?
Non, aucune obligation alimentaire ou d’entretien n’existe entre fiancés.

5. Peut-on demander réparation après une rupture de fiançailles ?
Oui, en cas de faute ou de préjudice, une indemnisation peut être accordée selon les règles de la responsabilité civile.